Épisode 21 : Le rôle des incubateurs et des accélérateurs auprès des innovateurs et leur IP

Maya Urbanowicz (Maya) : Vous écoutez « Voix de la PI canadienne », un balado où nous discutons de propriété intellectuelle avec des professionnels et des intervenants du Canada et d'ailleurs. Vous êtes entrepreneur, artiste, inventeur ou simplement curieux? Vous allez découvrir des problèmes concrets – et des solutions concrètes – ayant trait au fonctionnement des marques de commerce, des brevets, du droit d'auteur, des dessins industriels et des secrets commerciaux dans la vie de tous les jours. Je m'appelle Maya Urbanowicz et je suis votre animatrice d'aujourd'hui.

Les points de vue et les opinions exprimés dans les balados sur ce site Web sont ceux des baladodiffuseurs et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle de l'OPIC.

Plusieurs nouveaux inventeurs et créateurs au Canada trouvent qu'il est difficile de savoir comment et où trouver de l'aide pour entreprendre les étapes pour tester, protéger et faire croître leurs créations. À court d'argent pour construire leur prochain prototype ou pour tester une version améliorée de leur invention, les innovateurs peuvent se sentir comme s'ils avaient été laissés pour compte et abandonnés à leur sort dans la vallée de la mort des inventions. Il va sans dire que c'est un moment très difficile pour entreprendre des conversations sur la propriété intellectuelle. Mais la PI d'une entreprise est souvent l'actif le plus précieux, et les droits de PI sont simplement des outils d'affaires pour protéger et accroître cette valeur.

Mais comme vous allez l'apprendre aujourd'hui durant notre épisode, la PI n'est pas limitée uniquement au brevetage d'une invention. C'est de comprendre le portefeuille complet de la PI potentielle et de trouver des façons rentables de la protéger. Le système d'innovation canadien est compris de nombreux incubateurs et accélérateurs, souvent financés par l'État. Plusieurs d'entre eux offrent de l'aide précieuse aux inventeurs afin qu'ils puissent mieux comprendre leur propriété intellectuelle et comment l'utiliser stratégiquement. Ils peuvent vous aider à identifier de la PI additionnelle et trouver des manières rentables de protéger votre PI avec le temps.

Une de ces organisations est VentureLAB et avec nous aujourd'hui est Josée Pharand, qui est la directrice des programmes et des politiques en matière de PI à VentureLAB.

Maya : Josée, je suis ravie de vous avoir comme invitée à Voix de la PI canadienne, bienvenue!

Josée : Merci, ça me fait plaisir.

Maya : Avant qu'on se lance dans la discussion d'aujourd'hui, pourriez-vous nous parler un peu de vous et du type de travail que vous faites à VentureLAB?

Josée : Bien sûr, je suis ingénieure mécanique, j'ai commencé à travailler dans le domaine de la PI quand je suis devenue examinatrice de brevets à l'OPIC.

J'ai passé environ 10 ans comme examinatrice. J'ai examiné des centaines de brevets et par la suite, je suis devenue gestionnaire de programmes pour la pratique d'examen. Ce travail m'a permis d'avoir un aperçu général des systèmes de brevet et du système de la PI au Canada. Et j'ai aussi commencé à vraiment comprendre les aspects réglementaires de ceux-ci.

J'étais très intéressée par la PI. Je voulais apprendre le plus possible et le système américain m'intéressait beaucoup aussi, donc je l'ai également étudié.

Après avoir quitté l'OPIC, je suis allée à ISDE et je suis devenue directrice de programme des super grappes, les « superclusters ». J'étais responsable pour la mise en œuvre des exigences touchant à la PI du programme. Celle-ci avait comme objectif d'inciter les PME, les organismes à but non lucratif, les instituts de recherche, et cætera, à travailler ensemble sur des projets collaboratifs. Maintenant, avec VentureLAB, je suis la directrice de la PI et j'aide nos entreprises en démarrage à identifier leur IP. C'est vraiment essentiel.

Je les aide à s'assurer qu'ils en sont propriétaires, ce qui est également évidemment très important et je les aide à comprendre la meilleure façon de protéger leur PI de façon conforme à leurs objectifs commerciaux et à leur budget.

Je les aide aussi à comprendre comment discuter de leur PI lorsqu'ils parlent aux investisseurs et comment ils peuvent préparer la documentation liée à la PI pour le processus de diligence raisonnable.

Maya : Votre parcours professionnel est très intéressant. D'un côté, vous avez reçu les demandes de protection de brevets des inventeurs, et maintenant vous travaillez avec les innovateurs dans une organisation qui aide les innovateurs. Je crois que plusieurs de nos auditeurs ne savent pas les différences entre les différents rôles dans l'écosystème de la PI. Donc, si vous êtes un inventeur pour la toute première fois et que vous essayez de rejoindre, disons, un incubateur ou accélérateur, vous ne comprenez peut-être pas quelles sont les différences. Pouvez-vous nous expliquer comment ces organisations fonctionnent?

Josée : Oui, bien sûr. Alors, au Canada, on utilise vraiment ces termes de manière interchangeable. On appelle une organisation un incubateur ou un accélérateur, parfois un centre régional d'innovation ou un hub technologique. Ce sont tous des organisations qui se concentrent à aider les entreprises en démarrage pour qu'ils puissent développer leur entreprise. Typiquement, un incubateur aide aux entreprises en démarrage qui ont identifié un problème qu'ils veulent résoudre, mais qui n'ont pas encore tout à fait trouvé la bonne solution. Alors ils veulent peut-être parler à un incubateur dans ce cas-là. Un accélérateur généralement, mais encore une fois, ces termes sont utilisés de manière interchangeable, c'est pas toujours le cas, mais en général un accélérateur travaille avec des entreprises en démarrage qui sont à un stade un peu plus avancé. Ils ont une solution pour un problème spécifique, ils savent ce qu'ils veulent faire, mais ils n'ont peut-être encore pas créé leur prototype ou ils n'ont pas identifié les clients. Ils veulent s'assurer qu'ils ont un produit adapté au marché, et cætera, surtout pour les entreprises en démarrage dans l'espace matériel, comme celles avec qui VentureLAB travaille beaucoup. Elles ont besoin de financement pour les aider à entreprendre toutes ces activités et elles recherchent donc le financement. Les accélérateurs peuvent aussi être mieux placés pour les aider à cet égard.

Maya : Et comment décririez-vous VentureLAB?

Josée : Nous nous appelons un hub technologique. Les gens peuvent nous considérer comme un accélérateur. Notre mission est de grandir des titans de la technologie compétitifs à l'échelle mondiale qui se développe au Canada. En particulier, ventureLAB se concentre sur les entreprises en démarrage matériel, en matériel donc en hardware, et ceux qui créent des logiciels d'entreprise. Nous avons donc toute une série de programmes qui visent à aider aux entreprises en démarrage à obtenir du financement, trouver des employés, à commercialiser leur technologie, protéger leur PI et acquérir des clients. ventureLAB est également un peu différent de nombreux autres incubateurs, accélérateurs et hubs technologiques, puisque nous avons un centre d'innovation de 50 000 pieds carrés. Il est situé dans la région de York. Il y a là un laboratoire qui vaut 7 millions de dollars, qui offre à nos clients un accès à des équipements de vérification et de prototypage. Puisque nous travaillons beaucoup avec des entreprises en démarrage en matériel, ils ont besoin de cet équipement pour pouvoir faire croître leur entreprise, pour pouvoir créer des prototypes et faire des tests. Puis l'équipement nécessaire est vraiment très, très cher, donc dans de nombreux cas, ils ne pourraient pas l'avoir à leur disposition sans notre aide.

De plus, et c'est vrai de la plupart des incubateurs et des accélérateurs au Canada, ils ont des conseillers qui travaillent avec les entreprises pour les aider. Et chez nous, chez ventureLAB, on a un cadre de conseiller vraiment incroyable. Ils sont des entrepreneurs eux-mêmes, ils ont vécu ce trajet d'entreprise de démarrage, ils ont eu beaucoup de succès à créer leurs propres entreprises et maintenant ils aident à nos clients faire de même. Alors ils partagent leurs connaissances, leur expertise, et ils puisent dans leur réseau et aident à nos clients à faire des liens avec d'autres personnes qui peuvent également les aider.

Maya : Est-ce qu'il y a des critères ou des frais d'entrée pour des gens qui veulent travailler avec ventureLAB?

Josée : J'ai l'impression que beaucoup de gens, quand ils pensent aux incubateurs et aux accélérateurs, pensent souvent à des organisations comme Y Combinator ou Techstars. Alors ceux-là sont très bien connus et ils prennent une participation capitale en échange pour un peu de financement et l'opportunité de participer à leur programme. ventureLAB par contre, ainsi que la plupart des accélérateurs et incubateurs au Canada, ne prend pas de participation au capital. Alors les services de ventureLAB sont offerts sans frais et on ne participe pas dans l'entreprise. Tous les services qu'on offre sont gratuits.

Maya : Donc, s'il n'y a pas de frais d'entrée, certains inventeurs risquent d'avoir la fausse idée qu'aussitôt qu'ils vont demander de l'aide et qu'ils vont parler avec un incubateur ou accélérateur, ils vont devoir partager ce qu'ils ont, comme vous l'avez mentionné, qu'il y aurait une participation en capital. Est-ce que ventureLAB va prendre une partie de l'invention ou du revenu de cette invention?

Josée : Non, c'est complètement gratuit ce que nous, ce qu'on fournit.

Maya : Un inventeur va souvent essayer de s'assurer qu'il va parler à quelqu'un après avoir signé une entente de non-divulgation ou un accord de confidentialité. Comment est-ce que ça fonctionne avec ventureLAB?

Josée : Tous les employés à ventureLAB signent des accords de non-divulgation et on accepte de protéger la propriété intellectuelle de nos clients. Alors on a un processus concurrentiel pour pouvoir accéder à nos programmes. Alors les entreprises qui veulent y accéder postulent sur notre site Web et nous, on vérifie leur admissibilité. Ils signent aussi un contrat qui leur explique qu'ils conservent leur propriété intellectuelle et que nous avons des accords de confidentialité en place. Alors nous sommes tous donc tenus de protéger les infos confidentielles que nos clients partagent avec nous.

Maya : Vous avez de l'expérience en tant qu'examinatrice de brevets. Je me demandais si vous pouvez partager certaines de vos expériences basées sur des discussions que vous avez eues avec des inventeurs et innovateurs? Est-ce qu'il y a des choses en particulier que vous dites qu'ils devraient considérer lorsqu'ils, par exemple, soumettent une demande de brevet?

Josée : Oui, absolument. Alors je travaille beaucoup, avec beaucoup d'entreprises en démarrage qui n'ont pas de très gros budget. Alors même ceux qui ont des inventions brevetables n'ont peut-être pas encore le budget pour le faire. Et l'une des choses dont on parle beaucoup, c'est le secret commercial. Il y a des avantages et des inconvénients aux secrets commerciaux et au brevet. Et selon moi, chaque entreprise devrait y réfléchir avant de décider quoi faire, même si elles ont le budget pour déposer une demande de brevet.

Alors c'est pas parce qu'on a l'argent que c'est nécessairement la meilleure chose à faire. Certains avantages d'un secret commercial évidemment c'est, c'est moins cher. Les secrets commerciaux n'expirent jamais. Donc si vous êtes capables de garder votre secret, vous pouvez protéger votre invention aussi longtemps que vous pouvez garder le secret. Avoir un secret commercial empêche les autres de connaître l'invention et ça peut être un avantage, puisque les autres d'abord ne peuvent pas contourner l'invention ou travailler pour l'améliorer. Par contre, avec une demande de brevet ordinaire, elle sera publiée 18 mois après le dépôt et c'est une des choses qu'on discute beaucoup avec nos entreprises : l'impact de cette publication. Si votre demande de brevet est publiée en 18 mois et vous obtenez le brevet par après, serez-vous en mesure de savoir s'il y a une contrefaçon de votre brevet? Si c'est très difficile de le savoir, par exemple, si vous avez breveté un processus, et vous ne savez tout simplement pas si quelqu'un fabrique son produit en utilisant votre processus, vous devez réfléchir aux implications de la publication et peut-être dans ce cas-là, garder le processus en tant que secret commercial serait plus bénéfique. D'un autre côté, si votre secret commercial est divulgué, c'est divulgué et ça ne vous sert plus. Alors, la demande de brevet, elle est éventuellement publiée, mais le système de brevet vous aide à protéger l'invention. Un secret commercial ne vous protège pas non plus si quelqu'un d'autre propose la même technologie. Donc si vous êtes dans un espace où vous et tous vos concurrents visez le même objectif final, un secret commercial pourrait ne pas suffire, car même si vous l'atteignez en premier l'objectif, vos concurrents pourraient y arriver aussi et dans ce cas-là, le secret commercial ne vous protégera pas.

Pour les entreprises qui cherchent des investisseurs, les investisseurs semblent trouver que les brevets sont beaucoup plus intéressants que le secret commercial. Donc il y en a qui aiment savoir que l'entreprise a un brevet. Parmi les investisseurs, tout comme les PDG et les fondateurs d'entreprises, il existe une gamme de savoir-faire en matière de la PI. Certains investisseurs comprennent parfaitement pourquoi un secret commercial est plus important, mais d'autres sont intéressés à s'assurer qu'il y a un brevet. Donc c'est un autre aspect très important.

Il faut aussi penser à la longévité de la technologie. Si votre technologie sert à votre entreprise que pour une ou 2 années, même tiens, on va dire 5 ans, puis, par la suite, les gens vont passer à quelque chose d'autre, est-ce que vous voulez prendre le temps et les coûts pour obtenir une demande de brevet? De plus, il faut un certain temps pour qu'un brevet soit accordé. Alors le brevet est accordé, vous êtes déjà passé à quelque chose. Dans ce scénario, est-ce que ce serait plus judicieux de protéger votre innovation en tant que secret commercial? La même idée s'applique si vous avez une très longue durée de vie. La protection offerte par un brevet est de 20 ans, à compter de la date de dépôt, mais peut-être que vous avez une technologie qui sera une technologie fondamentale pour les 50 prochaines années, par exemple. Et dans ce cas-là, vous voudrez peut-être la protéger comme un secret commercial. Et bien ça, vous ne pouvez pas avoir de secret commercial pour quelque chose qui est sujet à l'ingénierie inverse. C'est donc une autre considération. Parfois, vous ne pouvez pas obtenir de brevet, votre technologie n'est tout simplement pas brevetable ou l'invention pourrait être sujette à être brevetée, mais vous ne pensez pas que, vous pensez que vous aurez beaucoup de difficultés à obtenir un brevet. Par exemple, certains brevets liés aux logiciels, surtout aux États-Unis, c'est possible, mais c'est très, très difficile d'obtenir des brevets parfois.

Ce sont donc quelques facteurs auxquels une entreprise doit réfléchir lorsqu'elle cherche à protéger ses innovations. Et puis là-dedans aussi, il faut penser aux objectifs commerciaux et le budget, donc l'autre facteur auquel les entreprises doivent vraiment réfléchir. Ils peuvent œuvrer dans le même domaine qu'une autre entreprise, mais la stratégie de PI pourrait être complètement différente pour les 2 entreprises en fonction de leurs objectifs commerciaux et de leur budget.

Maya : Vous avez touché à de nombreux points importants. Certaines personnes peuvent avoir en tête que l'objectif est de protéger leur PI, mais ils ne comprennent pas comment s'y prendre lorsqu'ils progressent dans leur cheminement en tant qu'entreprise. Quels sont certains trucs et astuces que vous pouvez partager avec quelqu'un qui est à une étape très préliminaire d'une innovation?

Josée : Alors, je leur dis que la stratégie de PI c'est très important. J'ai beaucoup de fondateurs qui me disent : « Je n'ai rien de brevetable, alors je n'ai pas besoin d'y penser » ou « Je n'ai pas d'argent pour un brevet, donc pas besoin d'une stratégie de PI. » J'ai aussi des fondateurs qui me disent : « J'ai un brevet, donc ma stratégie c'est tout bon », mais il y a tellement d'autres aspects importants qui mènent au développement de la stratégie de PI de l'entreprise, ce n'est pas seulement lié aux brevets. Alors, je leur conseille de penser aux objectifs commerciaux, au budget, à identifier la PI. Il faut prendre compte de toutes ces considérations par la suite pour décider comment protéger la PI. C'est super important pour la stratégie. Comme j'ai expliqué, par exemple, est-ce qu'on décide de garder un secret commercial ou on cherche un brevet? C'est vraiment important.

Lorsque je parle avec les fondateurs, je mets surtout l'emphase au début sur la première étape : l'identification de la PI. C'est très critique et ce n'est pas aussi facile que les gens le croient. Il y en a qui vont dire : « Oh, j'ai une invention » ou ils vont se dire « Ben je n'ai pas d'invention », mais c'est souvent beaucoup plus compliqué. Par exemple, l'une des entreprises avec laquelle j'ai travaillé avait un appareil, puis elle pensait qu'ils avaient peut-être 2 ou 3 brevets liés à cet appareil. J'ai fait un atelier avec l'équipe de cette entreprise, un atelier de remue-méninges où j'ai passé quelques heures à parler avec l'équipe et ils ont pu m'expliquer leur travail. Puis je prenais des notes sur toutes les innovations brevetables qu'ils mentionnaient. À la fin des 2 heures, on avait identifié au moins 20, sinon plus, innovations qui pourraient peut-être être brevetées. Alors l'appareil dans son ensemble était brevetable, mais il y avait toutes ses sous-composantes, et d'autres choses qu'il faisait, qu'ils pourraient peut-être breveter. Donc, ils sont passés de « Nous avons 2 ou 3 brevets » à « Wow, nous pourrions en avoir peut-être jusqu'à 20 » et ce travail était vraiment, vraiment important. Cette étape d'identification de la PI ne peut vraiment pas être sous-estimée.

Une fois que la PI est identifiée, il faut s'assurer que ça nous appartient, alors c'est également essentiel. On a beaucoup d'entreprises qui travaillent ou ont travaillé avec des institutions académiques, des universités, des instituts de recherche, et celles-ci ont des politiques de PI qui sont différentes les unes des autres et c'est vraiment important de comprendre le plus tôt possible quelles sont leurs politiques de PI et quel est leur impact sur ce que vous faites. Même l'embauche d'étudiants pour travailler, par exemple un étudiant qui fait une coop, peut avoir des impacts. Alors c'est très important de comprendre ça dès le début. Donc il faut identifier la PI, identifier à qui elle appartient et par la suite, il faut décider comment la protéger. Il faut aussi, comme je l'ai dit, réfléchir aux objectifs commerciaux, au budget et trouver la façon la plus appropriée de protéger votre PI.

Ça peut changer avec le temps aussi. Donc une autre suggestion que je fais à nos entreprises, c'est de tenir des réunions régulières pour discuter de leur PI. S'ils ont une équipe suffisamment nombreuse, ils devraient mettre en place un comité pour la PI et même s'ils ne sont qu'un ou deux fondateurs qui travaillent en ce moment, je suggère qu'ils s'arrêtent de temps en temps pour discuter de la PI et pour réfléchir à leur stratégie. Qu'ils cherchent encore à identifier leur PI parce qu'ils vont en générer au fur et à mesure qu'ils travaillent, qu'ils pensent aux pays dans lesquels ils voudraient se lancer, leur budget, etc. Tout ça va se répercuter sur leur stratégie et ça change aussi de temps en temps. L'entreprise change, la stratégie change, le budget change, les objectifs ont changé. C'est vraiment un document qui va évoluer et qu'ils devront continuer à travailler au fur et à mesure que l'entreprise évolue.

Et une dernière chose que je voudrais souligner, ce que je pense, beaucoup de gens se disent : « Ah, je n'ai pas d'argent présentement, alors je vais m'occuper de ma stratégie de PI plus tard. » Mais il y a plusieurs choses qu'on peut faire très tôt, qui ne coûtent vraiment pas cher, et ce sont des choses qui vont préparer l'entreprise pour l'avenir et qui vont bien la positionner pour le moment où ils vont avoir plus de financement et quand ils pourront prendre d'autres mesures pour profiter de leur PI et la protéger. Alors ce n'est jamais, jamais trop tôt pour y penser. C'est vraiment important et je pense que c'est un des meilleurs conseils pour les fondateurs de ne pas retarder les discussions sur la stratégie de PI. Ils n'ont pas besoin d'un très gros budget pour faire un, pour s'assurer d'un très grand impact très tôt.

Maya : Très, très bons conseils : pensez à une stratégie tôt, prenez le temps d'identifier votre PI, assurez-vous qu'elle vous appartient et ensuite déterminer comment vous allez la protéger. Merci Josée. Merci beaucoup d'avoir participé dans notre balado, d'avoir pris le temps de partager votre expertise et vos connaissances avec nous!

Josée : Merci beaucoup.

Maya : Vous venez d'écouter Voix de la PI canadienne, un balado où nous parlons de propriété intellectuelle. Dans cet épisode, nous avons rencontré Josée Pharand, directrice des programmes et des politiques en matière de PI à ventureLAB. Josée a expliqué que ventureLAB, comme plusieurs autres incubateurs et accélérateurs à travers le Canada, peut offrir de l'expertise, de l'équipement et du réseautage sans s'attendre à ce qu'ils vont être propriétaires d'une partie de votre entreprise. Josée a aussi mentionné à quel point c'est important pour une entreprise en démarrage d'identifier leur PI tôt, et de mettre de côté du temps pour développer un plan sur comment la PI sera protégée et utilisée.

Si vous êtes curieux et vous voulez en apprendre plus sur comment ventureLAB aide leurs clients à créer une stratégie de PI, ouvrez la description de cet épisode et vous trouverez le lien à une série d'articles publiés par ventureLAB expliquant ce que vous devez savoir avant de soumettre votre demande pour protéger votre PI.

https://www.venturelab.ca/news/intellectual-property-101 (en anglais seulement)