L'histoire de Myni : une réussite qui transforme la routine du nettoyage

Marie-Hélène David, Présidente et fondatrice de Myni.
Marie-Hélène David, Présidente et fondatrice de Myni.

Comment réagiriez-vous si votre plombier vous disait que le trou dans la tuyauterie de l'évier de cuisine de votre nouvelle maison est causé par vos produits ménagers? Pour Marie-Hélène David, ce trou fut un déclencheur. Si ces produits ont cet effet sur le métal, qu'en est-il de notre santé?

Bouteilles fabriquées à partir de paille de blé naturelle, durable et biodégradable en fin de vie. Une alternative simple au plastique.

Des produits rechargeables, non toxiques et biodégradables

Marie-Hélène se lance alors dans une mission : proposer des alternatives écologiques et abordables aux produits de nettoyage traditionnels. Elle démarre son entreprise en avril 2020 et développe des pastilles solubles pour 2 types de nettoyants, tout en visant l'objectif d'éliminer complètement le plastique. Ses bouteilles en paille de blé, durables, réutilisables et biodégradables, répondent à cet objectif. Adaptés au commerce en ligne grâce à leur compacité et leur légèreté, ses produits connaissent un franc succès.

S'occuper de sa PI pour vendre à l'étranger

La protection des droits de propriété intellectuelle (PI) est déterminante dans les marchés ciblés à l'étranger pour la vente ou la fabrication de produits, afin d'empêcher la copie ou l'importation de produits similaires. Chaque pays possède ses propres lois et pratiques en matière de PI, rendant le processus de protection de la PI à l'étranger complexe. Il est recommandé de faire appel à des professionnels de la PI.

Lors du lancement de l'entreprise de Marie-Hélène David, la marque de commerce MYNI n'existait pas encore et elle utilisait le nom Filo pour la vente de ses produits. Toutefois, ce nom n'était pas formellement enregistré comme marque de commerce. Lorsque Marie-Hélène a envisagé une expansion à l'étranger, elle a décidé de consulter un professionnel de la PI et a appris que Filo risquait de créer de la confusion avec une autre marque enregistrée dans plusieurs pays. Les 2 marques en question sont orthographiées différemment, mais se ressemblent beaucoup sur le plan sonore et sont utilisées pour des produits semblables. Si une recherche approfondie avait été effectuée avant le dépôt de la demande d'enregistrement de la marque FILO, ce problème aurait pu être évité.

En plus de créer de la confusion sur le marché et du risque d'enfreindre les droits de PI d'autres personnes, négliger sa PI peut entraîner des conséquences évitables. Marie-Hélène souligne cette réalité : « Engager un avocat peut sembler coûteux, mais revenir en arrière l'est encore plus. Un “rebranding” nécessite du temps, de l'argent, des ressources et de l'énergie. Pendant 6 mois, nous avons dû nous concentrer sur le changement de nom au lieu de développer de nouveaux marchés. C'est contre-productif : rappel de produits identifiés sous la mauvaise marque et moins de trafic sur le site Web. Cela affecte tous les aspects de l'entreprise, des détaillants aux ventes en ligne, c'est catastrophique! Si je devais donner un conseil à un jeune entrepreneur : se faire accompagner par un professionnel de la PI dès le départ! »

À la suite de cette expérience difficile, Marie-Hélène David souligne l'importance de cette démarche : « Pour une expansion à l'extérieur du Canada, une vision globale est nécessaire dès le début. Avant même de lancer ta compagnie, tu dois avoir une idée des endroits où tu veux t'implanter et faire tes recherches. » En collaborant avec un professionnel de la PI, elle concrétise enfin le choix et l'enregistrement de sa marque de commerce MYNI, tirant ainsi une leçon cruciale de cette expérience initiale en lien avec la PI.

Ensemble complet de soins pour les cheveux et le corps sous forme de poudre à réhydrater dans l’eau (shampoing, revitalisant et gel douche), incluant 3 bouteilles en paille de blé.

Les droits de PI : une assurance pour les investisseurs

Avec le temps, Marie-Hélène souhaite élargir son offre à des produits d'hygiène corporelle. Après avoir obtenu des conseils pour la protection de sa marque de commerce à l'étranger, elle bénéficie à nouveau de l'expertise de son agent de PI. L'un des rôles des professionnels de la PI est d'aider à évaluer et à prendre en compte les droits de PI. La brevetabilité de ses formules est maintenant évaluée. Myni a fait le choix de ne pas breveter ses premiers produits puisqu'il y avait trop de risques de contrefaçon de ses procédés. Par contre, un brevet sur leur gamme de soins corporels était idéal. Des brevets se sont graduellement ajoutés au portefeuille de PI de l'entreprise.

Pour se développer, l'entreprise a besoin d'investissements, et détenir des droits de PI devient un argument convaincant pour attirer des investisseurs, surtout avec des brevets. « Malgré le fait que l'on dévoile nos recettes, nous avons éventuellement breveté certains de nos produits. Nous avions besoin de financements privés pour cette nouvelle gamme. Les investisseurs y voyaient une sécurité essentielle. », a expliqué Marie-Hélène David.

L'avantage du PCT pour la protection de la PI par le brevet

Myni commence par déposer une demande de brevet provisoire aux États-Unis, permettant de cette manière une protection initiale de son innovation pendant 12 mois, ainsi que l'obtention d'une date de dépôt anticipée. Durant cette période, l'entreprise perfectionne sa technologie avant de la convertir en demande de brevet régulière, tout en préservant la confidentialité de son invention. Il s'agit d'une pratique unique aux États-Unis. Elle dépose ensuite une demande d'enregistrement au moyen du Traité de coopération en matière de brevet (PCT) auprès de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Ce processus lui permet de déposer une seule demande internationale de brevet. La procédure du PCT est également un moyen d'assurer une certaine protection tout en affinant le produit et en obtenant un financement pour la phase nationale du processus. Ainsi, elle pourra ensuite demander la protection de son innovation simultanément dans plusieurs pays, au moment opportun.

La vision de Myni sur l'innovation et la durabilité à long terme

Marie-Hélène partage sa vision d'avenir pour Myni. Consciente des erreurs passées concernant la négligence de sa PI lors du choix de sa marque de commerce, elle insiste sur l'importance de ne pas répéter ces erreurs avec les brevets. Elle conclut l'entretien en affirmant que la mise à disposition publique de la composition chimique de ses produits à l'expiration du brevet ne la dérange pas, car son entreprise est axée sur l'innovation. Elle affirme avec confiance que, dans 20 ans, Myni aura une place bien établie sur le marché, considérant cela comme un défi facile à relever.

En savoir plus

Si le parcours de Myni en matière de PI vous inspire et que vous souhaitez découvrir d'autres histoires de réussite captivantes, abonnez-vous au bulletin d'information de l'Office de la propriété intellectuelle du Canada, intitulé Nouvelles sur la PI pour les entreprises. Restez à l'affût des prochains webinaires et partagez cet article sur les médias sociaux pour inspirer d'autres personnes dans leurs projets de PI. Vous pouvez également écouter l'épisode 28 de notre balado « Voix de la PI canadienne », au cours duquel Dominique Lambert, agente de brevets chez Bereskin & Parr, explique le fonctionnement du brevet provisoire aux États-Unis et la procédure pour déposer une demande de brevet à l'étranger au moyen du PCT.

Votre parcours vers la réussite dans le monde de la PI vous attend!