Profil de l'industrie du vêtement

Définition

Ce secteur comprend les établissements dont l'activité principale est la fabrication de vêtements et accessoires vestimentaires, y compris les établissements qui produisent des vêtements tricotés à partir de filés et qui fabriquent des vêtements à partir de tricots.

Les principales gammes de produits sont les vêtements de mode, les vêtements de travail, les vêtements techniques d’extérieur, l’équipement de survie, les vêtements de sport, les sous-vêtements de soutien, des produits touristiques, des produits de randonnée et de camping, les gants, bonnets et chapeaux, les articles chaussants et les articles tricotés. Le textile technique contribue de plus en plus à l’élaboration de vêtements de protection contre des influences externes et de vêtements de sécurité notamment pour des applications militaires et des utilisations à des fins de défense et de sécurité.

Les codes du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN) sont : 315 — Fabrication de vêtements    

  • 3151 — Usines de tricotage de vêtements
  • 3152 — Fabrication de vêtements coupés-cousus
  • 3159 — Fabrication d'accessoires vestimentaires et d'autres vêtements

Sommaire statistique

Fabrication de vêtements — SCIAN 315 — Principaux indicateurs économiques
(montants en millions de dollars canadiens, nombre d’emplois en milliers)
Indicateurs économiques 2016 2017 2018 2019 2020 % de variation
2019-20
TCAC %
2016-20

Formules :

  • Marché intérieur apparent (MIA) = Livraisons + Importations – Exportations totales
  • Part du marché intérieur = (Livraisons – Exportations) / MIA
  • Balance commerciale = Exportations totales – Importations totales
  • Vocation exportatrice = Exportations / Livraisons
  • Pénétration des importations = Importations / MIA
  • Productivité du travail = PIB / emploi (en milliers de dollars canadiens)
  • Ratio de l’intensité manufacturière = Produit intérieur brut (PIB) / Livraisons
Note 1

Les chiffres du PIB sont des estimations basées sur les calculs internes d’ISDE.

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Note 2

Les données utilise des estimations du PIB

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Source :

  • Données sur le commerce en direct (Exportations et importations)
  • StatsCan Tableau 36-10-0434-01 (PIB)
  • StatsCan Tableau 16-10-0047-01 (Livraisons)
  • StatsCan Tableau 14-10-0202-01 (Emploi)
  • StatsCan Tableau 12-10-0098-01 (Établissements exportateurs)
  • StatsCan Tableau 34-10-0036-01 (Dépenses en immobilisations)

Avertissement : Il est conseillé aux utilisateurs de ces données de consulter les tableaux de Statistique Canada, car les données sont révisées périodiquement.

Produit intérieur brutNote de bas de page 1 975,3 1 033,6 1 171,8 1 316,6 1 044,4 -20,7 % 1,7 %
Livraisons (ventes de marchandises) 2 276,7 2 431,5 2 788,2 3 076,8 2 474,9 -19,6 % 2,1 %
Importations totales 12 475,5

12 846,5

13 469,2

14 374,9

11 958,0

-16,8 %

-1,1 %

Exportations nationales 1 133,2

1 281,3

1 495,8

1 538,3

1 172,4

-23,8 %

0,9 %

Réexportations 559,2

562,7

591,8

714,6

571,8

-20,0 %

0,6 %

Exportations totales 1 692,3

1 844,0

2 087,6

2 252,9

1 744,2

-22,6 %

0,8 %

Établissements exportateurs 617

587

590

572

498

-12,9 %

-5,2 %

Marché intérieur apparent 13 060

13 434

14 170

15 199

12 689

-16,5 %

-0,7 %

Part du marché intérieur 4,5 %

4,4 %

4,9 %

5,4 %

5,8 %

6,2 %

6,5 %

Balance commerciale -10 783,2

-11 002,5

-11 381,6

-12 122,0

-10 213,7

-15,7 %

-1,3 %

Pénétration des importations 95,5 %

95,6 %

95,1 %

94,6 %

94,2 %

-0,4 %

-0,3 %

Vocation exportatrice 74,3 %

75,8 %

74,9 %

73,2 %

70,5 %

-3,8 %

-1,3 %

Ratio de l’intensité manufacturièreNote de bas de page 2 42,8 %

42,5 %

42,0 %

42,8 %

42,2 %

-1,4 %

-0,4 %

Dépenses en immobilisations 38,6

35,6

43,4

40,4

44,7

10,6 %

3,7 %

Emploi 19,4

19,5

19,4

19,8

16,2

-17,8 %

-4,3 %

Productivité du travail 50,3

53,0

60,4

66,7

64,4

-3,5 %

6,3 %


Aperçu économique et analyse

L’industrie canadienne de la fabrication de vêtements a affiché une croissance lente et stable de 2016 à 2019; toutefois, en raison de la pandémie de COVID-19, elle a connu un déclin important en 2020, tant au chapitre du volume des ventes au détail que de la valeur courante. Bien que le produit intérieur brut (PIB) ait augmenté à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 1,7 % au cours de la période 2016-2019, il a diminué de 20,7 % en 2020. De même, les livraisons ont également reculé de 19,6 % en 2020.

La COVID-19 a eu d’importantes répercussions sur la main-d’œuvre du pays, entraînant des pertes d’emplois permanents et temporaires qui ont réduit la population active de 17,8 % et une baisse de 3,5 % du taux de productivité du travail en 2020.

Les fabricants canadiens de vêtements se tournent de plus en plus vers l’exportation afin de tirer parti de la demande mondiale. La demande des consommateurs pour les vêtements, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale, est manifeste puisque les exportations totales et les importations totales ont augmenté de façon constante au cours de la période de 2016 à 2019. Les exportations nationales ont affiché un TCAC de 0,9 %, ce qui indique que la demande pour les produits canadiens est en hausse à l’échelle internationale. L’accroissement de la vocation exportatrice des entreprises canadiennes, associée à l’expansion du marché intérieur apparent du Canada à un TCAC de 6,5 %, a fait de notre pays un marché lucratif pour les fabricants internationaux de vêtements.

Tendances dans l’industrie

Le Canada compte de nombreuses entreprises prospères dans le domaine de la conception et de la fabrication de vêtements. Plusieurs d’entre elles jouissent d’une réputation internationale et leurs produits connaissent une forte demande. Le Canada possède des cultures distinctives de la mode, qui gravitent autour de ses plus grands pôles de la mode que sont Toronto, Montréal et Vancouver. Qu’elles fabriquent à l’étranger ou au pays, ces entreprises tirent parti des chaînes de valeur mondiales pour s’approvisionner en tissus et fournir des services de fabrication, accéder à l’entreposage et à la distribution, et investir dans des solutions numériques afin d’être concurrentielles et de vendre à l’échelle mondiale et nationale.

Si l’on examine de plus près le sous-ensemble des fabricants nationaux, on constate qu’au cours des dernières décennies, ces derniers se sont tournés vers des marchés de niche haut de gamme, tels que les produits griffés et artisanaux. Les forces du Canada se trouvent particulièrement dans les créneaux suivants : vêtements d’extérieur de performance, vêtements et accessoires de mode pour femmes, complets de qualité sur mesure pour hommes, uniformes et vêtements de protection. Les données économiques montrent que ce secteur manufacturier national s’est stabilisé, après une réduction des effectifs dont les effets se sont surtout fait sentir dans les années 1990, et qu’il est maintenant en pleine croissance. Au cours des cinq années qui ont précédé la pandémie de COVID-19, le produit intérieur brut (PIB), les livraisons (production), les exportations nationales et la productivité du travail ont tous augmenté. Le Canada n’est pas concurrentiel dans la fabrication de vêtements de mode éphémère, mais il réussit très bien dans la fabrication d’autres produits de plus grande valeur. On prévoit que les produits de niche canadiens feront l’objet d’une forte demande soutenue à l’échelle internationale, car les entreprises canadiennes continuent de se concentrer sur les marchés d’exportation.

La majorité des vêtements vendus au Canada sont importés, comme le démontre le taux de 95 % de pénétration des importations de vêtements sur le marché intérieur canadien, dont la valeur s’élevait à 12,7 milliards de dollars en 2020. Cela signifie que cette année-là, 95 % des vêtements achetés au Canada, soit 12 milliards de dollars de vêtements, ont été importés. En comparaison, la capacité de production canadienne était de 2,4 milliards de dollars.

En 2020, la pandémie de COVID-19 a initialement mis un terme à toute fabrication de vêtements de consommation. La demande de biens de consommation discrétionnaire offerts dans les centres commerciaux s’est effondrée, car le pays est passé en mode de confinement et les entreprises non essentielles, comme les détaillants de vêtements, ont été obligées de fermer. Les fabricants de vêtements de mode qui fournissent les détaillants ont été durement touchés. En outre, les chaînes d’approvisionnement mondiales de matières premières ont été perturbées par la montée en flèche des coûts d’expédition internationaux. Au Canada, des marchés publics d’approvisionnement d’urgence pour des équipements de protection individuelle (EPI) essentiels, en particulier des blouses médicales, ont été conclus avec des fabricants nationaux de vêtements et de textiles. Même avec cette demande d’EPI, la fermeture des établissements de fabrication de vêtements a eu un effet négatif sur l’emploi dans cette industrie. Le comportement des consommateurs a changé, car les fermetures ont entraîné une augmentation du nombre de Canadiens travaillant à domicile et une hausse importante de la demande de vêtements décontractés et de vêtements de sport. Les ventes de tenues habillées ont chuté en raison de la baisse de la demande et n’ont pas encore repris, car la tendance au travail à domicile se poursuit. Les ventes de vêtements en ligne ont connu une croissance importante au Canada. Cependant, les grandes marques et les détaillants connus sont les principaux responsables de ces résultats. La COVID-19 a durement touché la majorité des entreprises canadiennes de fabrication de vêtements, comme en témoignent les chiffres mensuels d’exportations nationales qui demeurent faibles par rapport aux années précédentes.

À l’avenir, les principaux enjeux qui auront des répercussions sur les entreprises canadiennes de fabrication de vêtements seront la mise en valeur des investissements dans les technologies numériques, la stratégie de marque et le marketing, l’expansion et la diversification des exportations, la gestion des incertitudes commerciales, les démarches de transition vers la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et la diminution de l’empreinte carbone, ainsi que la croissance par des investissements dans les compétences et l’innovation des produits.

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